Mobilité: après l’aggiornamento de l’Entente, six mois décisifs

Par Marc Bretton

Vendredi passé, le parlement a validé le contre-projet à l'initiative Verte sur la priorité pour les transports publics. L'accord ayant été retouché, les écologistes maintiennent leur initiative.

On votera sur ces objets en juin, en même temps que l'initiative sur la traversée du lac.

Réalisé par un groupe de travail interpartis, nourri par les réflexions du Département des transports, le contre-projet constitue une avancée.

Il prend acte de l'engorgement des centres urbains et accorde dans ces zones la priorité aux transports publics et à la mobilité douce.

Que du bonheur, comme dirait un conseiller d'Etat connu.

Cet accord marque avant tout le retour à la raison de l'Entente. Car contrairement à leur ligne de ces dernières années, le PDC et le PLR n'ont pas toujours été hostiles aux transports publics.

Dans les années 90, après l'impulsion du socialiste Bernard Ziegler, c'est le radical Gérard Ramseyer qui préside au retour du tram et tente de dégager un accord au centre-ville. Non par amour des transports en commun, mais simplement parce qu'il n'y a pas d'alternative rationnelle à l'augmentation de la mobilité. Son travail est ensuite amplifié par le Vert Robert Cramer, qui s'appuie sur des TPG présidés par des libéraux (Michel Jacquet puis Patrice Plojoux).

Le même front fait ensuite passer le CEVA. Pour toutes sortes de raisons, l'Entente retourne sa veste à partir de 2009. Les transports redeviennent un enjeu de politique politicienne, dont Michèle Künzler, successeur de Robert Cramer, est la victime la plus visible. Cette politique d'obstruction aura duré jusqu'à l'élection de Luc Barthassat en 2013. Depuis lors, et surtout le refus de l'initiative sur la traversée de la rade en septembre 2014, l'Entente tente de sortir de l'impasse.

Depuis vendredi, c'est chose faite, malgré l'opposition de la Chambre de commerce et du TCS. Et, ironiquement, le contreprojet reprend la philosophie du plan Mobilités 2030, mis sous toit à l'époque Künzler.

La balle est désormais dans le camp des citoyens.

Diverses options se dessinent: en juin, si les Genevois repoussent tous les objets, on en restera au statu quo, c'est-à-dire au chaos; s'ils acceptent l'initiative et/ou le contreprojet, le visage de la mobilité sera modifié en particulier au centre-ville et amélioré pour le plus grand nombre; le sort de l'initiative sur la traversée du lac, quant à lui, aura surtout un impact psychologique, puisque, comme en 1988 sur la rade, les Genevois sont consultés sur un principe de traversée et non pas sur un projet financé.

(TDG)

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jeudi 2 avril 2020